Publié par David Deteve dans A. Lange & Söhne le 16/10/2026 à 18:45
Son calendrier anticipe l'année 2100. Son ressort, lui, tient 36 heures. Voilà tout le paradoxe du Datograph Perpétuel signé A. Lange & Söhne. Cette montre allemande réunit un chronographe flyback, une grande date, les phases de lune et un calendrier perpétuel dans un mouvement de 556 composants. Une mécanique fascinante, mais dont la réserve de marche paraît presque dérisoire face à une telle sophistication.
Présenté en 2006, le Datograph Perpétuel associe deux complications que Lange maîtrisait déjà séparément : le chronographe et le calendrier perpétuel.
Ce dernier distingue automatiquement les mois de 30 et 31 jours, sans oublier février et les années bissextiles. Correctement réglé et maintenu en fonctionnement, il n'exigera qu'une correction au passage de février à mars 2100.
Pourquoi cette exception ? Parce que l'année 2100 ne sera pas bissextile, contrairement aux années ordinaires divisibles par quatre.
La grande date occupe sa position traditionnelle à midi. Les deux compteurs inférieurs accueillent les indications du calendrier, tandis qu'une phase de lune apparaît à 6 heures.
Le tout reste très chargé. Mais avec ses chiffres romains, ses aiguilles bleuies et sa disposition triangulaire, le Datograph conserve une identité reconnaissable.
La Lange 1 Quantième Perpétuel propose une autre lecture du calendrier, avec un anneau des mois périphérique.
Le calibre manuel L952.1 compte 556 composants. Le calendrier perpétuel représente à lui seul 223 pièces.
Le chronographe utilise une roue à colonnes, un compteur des minutes sautantes et une fonction flyback. Une pression permet de remettre le chronométrage à zéro et de relancer immédiatement une nouvelle mesure.
Le mouvement fonctionne à 18 000 alternances par heure, soit 2,5 Hz. Son chronographe permet une lecture au cinquième de seconde.
Le fond saphir dévoile une architecture dense, faite de leviers, de ponts en maillechort et de pièces décorées à la main. Certaines bascules sont particulièrement longues pour contourner le mécanisme de grande date.
Une construction que je trouve passionnante. Pourtant, la réserve de marche n'atteint que 36 heures.
C'est nettement moins que les 60 heures du Datograph Up/Down. Et si le mouvement s'arrête, il faut remettre les indications calendaires à jour.
La référence 410.038 E, présentée en 2015, associe un boîtier en or gris à un cadran gris en argent massif. Les compteurs clairs et les aiguilles bleuies créent un contraste intéressant.
Ses dimensions atteignent 41 mm de diamètre pour 13,5 mm d'épaisseur. Une présence importante pour une montre habillée, surtout avec les poussoirs de chronographe.
L'étanchéité reste limitée à 3 bar. Le bracelet en alligator noir et le boîtier précieux confirment également qu'il ne s'agit pas d'une sportive destinée à tous les usages.
Face à la 1815 Chronographe, beaucoup plus dépouillée, le Datograph Perpétuel assume clairement l'accumulation d'informations.
A. Lange & Söhne affiche un prix sur demande pour la référence 410.038 E. L'ancienne version en platine 410.025 E ne figure plus dans la collection actuelle.
Au-delà du prix d'achat, l'entretien d'un chronographe à calendrier perpétuel mérite d'être anticipé. Mieux vaut aussi vérifier précisément les modalités de remise à l'heure après un arrêt prolongé.
Pour ceux qui privilégient la complication chronographique pure, la Triple Split propose une autre démonstration mécanique, capable de comparer deux temps sur douze heures.
Mon verdict : le Datograph Perpétuel est une formidable pièce d'horlogerie, mais je le trouve moins séduisant comme montre quotidienne. Ses 36 heures d'autonomie et son cadran chargé me freinent. Je l'admire pour son intelligence mécanique, pas pour sa facilité d'utilisation.
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