Publié par David Deteve dans A. Lange & Söhne le 16/10/2026 à 14:58
Un chronographe qui donne envie de le retourner. La A. Lange & Söhne Datograph Up/Down impressionne avec sa grande date, son cadran noir et son mouvement presque théâtral. Mais ses 13,1 mm d'épaisseur, son remontage manuel et son prix sur demande ramènent vite sur terre. Une pièce d'exception, certainement. Un achat évident ? Pas vraiment.
Deux compteurs disposés sous l'axe central répondent à la grande date placée à midi. Ensemble, ils dessinent un triangle immédiatement reconnaissable. Sur la référence 405.035 en platine, le noir du cadran contraste avec les compteurs clairs, sans tomber dans l'esthétique sportive.
À 6 heures, une minuscule indication « UP/DOWN » signale la réserve de marche. Lorsque l'aiguille rejoint la zone rouge, il faut remonter la montre. Utile, car le calibre est manuel. Mais ce petit affichage supplémentaire perturbe légèrement, à mes yeux, l'équilibre initial.
La présence est sérieuse : 41 mm de diamètre et 13,1 mm d'épaisseur. Pour passer sous une manchette, on a connu plus discret. La comparaison avec notre avis sur la Lange 1 permet de mesurer la différence : ici, Lange ne cherche pas la finesse, elle assume l'architecture d'un chronographe.
Le vrai argument est derrière le fond saphir. Le L951.6 compte 451 composants, tourne à 18 000 alternances par heure (2,5 Hz) et délivre 60 heures de réserve de marche.
Il utilise une roue à colonnes, un compteur des minutes sautantes et une fonction flyback. Vous chronométrez un premier événement ? Une seule pression remet les aiguilles à zéro et relance aussitôt une nouvelle mesure. Aucun besoin d'arrêter, remettre à zéro puis redémarrer.
À l'arrière, les ponts en maillechort, les vis bleuies et le coq de balancier gravé à la main donnent cette profondeur mécanique caractéristique de la manufacture. Les angles rentrants polis sont particulièrement difficiles à réaliser proprement. Voilà ce qu'on paie aussi.
Le Datograph d'origine date de 1999. L'Up/Down, lancé en 2012, a porté l'autonomie à 60 heures et ajouté l'indicateur de réserve de marche. Ce n'est donc pas une simple nouvelle couleur.
Le boîtier est magnifique, mais le platine pèse lourd : un essai de Fratello évoque 155 g pour la montre testée. Avec 13,1 mm d'épaisseur, le confort dépendra beaucoup du poignet.
L'étanchéité reste limitée à 3 bar. Et les 60 heures de réserve ne dispensent pas du remontage manuel régulier. Pour une montre destinée à être portée sans trop de précautions, je choisirais autre chose.
Une A. Lange & Söhne Odysseus apporte justement une approche plus sportive, avec son mouvement automatique et son étanchéité annoncée à 120 mètres.
Le prix français de la référence 405.035 n'est pas publié sur la fiche officielle : la marque indique « prix sur demande ». Mieux vaut s'en tenir à cette information plutôt qu'à un montant ancien trouvé sur un site marchand.
À celui qui aime déclencher un chronographe et comprendre ce qui se passe sous le saphir. Son mécanisme flyback, son affichage lisible et ses finitions lui donnent une personnalité forte.
Une Audemars Piguet Royal Oak Chronographe joue une autre carte, davantage tournée vers le bracelet intégré et l'allure au poignet.
Mon verdict : le Datograph Up/Down n'est pas le chronographe le plus pratique, ni le plus fin. Mais pour contempler la mécanique, il est difficile de lui reprocher de manquer de caractère.
Retrouvez nos autres avis A. Lange & Söhne si vous privilégiez une approche différente de l'horlogerie allemande.