Publié par David Deteve dans A. Lange & Söhne le 16/10/2026 à 18:02
Elle sait déjà que février 2100 sera différent. La A. Lange & Söhne Lange 1 Quantième Perpétuel reconnaît les mois de 30 ou 31 jours, les années bissextiles et les cycles lunaires. Une mécanique capable de gérer automatiquement le calendrier pendant des décennies, sans intervention tant qu'elle continue de fonctionner. Fascinant. Mais ses 621 composants cachent aussi quelques compromis.
Présentée en 2021, la Lange 1 Quantième Perpétuel possède une particularité essentielle : elle n'a pas besoin d'être corrigée manuellement à la fin des mois de février, avril, juin, septembre ou novembre.
Son mécanisme reconnaît automatiquement la durée des mois et les années bissextiles. Une fois correctement réglé, il peut afficher les changements de date jusqu'en 2100, à condition de fonctionner sans interruption.
Il faudra toutefois effectuer une correction au passage de février à mars 2100, puisque cette année séculaire ne sera pas bissextile dans notre calendrier grégorien.
Le plus intéressant reste sa présentation. Plutôt qu'un compteur supplémentaire, Lange utilise un anneau périphérique indiquant les douze mois. À chaque changement de mois, celui-ci avance instantanément de 30 degrés.
Grande date, jour rétrograde, année bissextile et phases de lune complètent l'affichage. Beaucoup d'informations, sans abandonner complètement l'architecture de la Lange 1 classique.
Le calibre automatique L021.3 rassemble 621 composants et fonctionne à 21 600 alternances par heure, soit 3 Hz.
Sa véritable originalité tient au mécanisme de calendrier. L'anneau des mois est entraîné par une denture intérieure, tandis qu'un système mécanique reconnaît la durée de chaque mois.
Faire avancer cet anneau de 30 degrés en une fraction d'instant exige une énergie considérable. La manufacture a donc développé un dispositif capable de l'accumuler pendant le mois, puis de la libérer au bon moment.
Autre raffinement : la phase de lune possède son propre indicateur jour/nuit. Un disque céleste tourne en 24 heures derrière la Lune, avec une précision théorique nécessitant une correction d'un jour seulement après 122,6 ans de fonctionnement continu.
Cette complication existe aussi, sans calendrier perpétuel, sur la Lange 1 Phases de Lune.
Au dos, le rotor en or 21 carats avec masse en platine côtoie les ponts en maillechort, les chatons en or et le coq de balancier gravé à la main.
La réserve de marche ? 50 heures seulement. C'est suffisant pour une utilisation régulière, mais assez court si vous alternez plusieurs montres.
La référence 345.036 E, présentée en 2023, associe un boîtier en platine 950 à un cadran noir en argent massif.
Elle mesure 41,9 mm de diamètre pour 12,1 mm d'épaisseur. Des dimensions sensiblement plus généreuses que celles de la Lange 1 classique.
Le cadran noir renforce le contraste des indications. Mais avec autant d'affichages, le résultat reste chargé. Difficile de retrouver la retenue de la Grande Lange 1, pourtant dotée d'un boîtier presque aussi large.
L'étanchéité se limite à 3 bar. Pas de baignade, évidemment. Et avec son boîtier précieux, mieux vaut vérifier le confort au poignet avant toute décision.
La manufacture propose également la référence 345.033 E en or rose avec cadran gris, ainsi que la 345.056 E en or gris et cadran en or rose, limitée à 150 exemplaires.
Pour la version platine, le prix français est indiqué sur demande. Le coût d'entretien d'un calendrier aussi complexe mérite également d'être anticipé.
La comparaison avec une Royal Oak Quantième Perpétuel montre deux philosophies très différentes : Lange privilégie l'asymétrie classique, Audemars Piguet une esthétique sportive.
Mon verdict : la Lange 1 Quantième Perpétuel est une formidable réussite mécanique. Mais je la choisirais pour son architecture et ses finitions, pas simplement pour connaître la date. Une pièce de collectionneur, avec une personnalité forte et des contraintes bien réelles.
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