Publié par David Deteve dans Accutron le 18/10/2026 à 16:20
Une montre à quartz qui bourdonne comme une Accutron à diapason. Étrange ? C'est pourtant exactement ce que Bulova a imaginé au début des années 1970 avec l'Accuquartz 224. Derrière son apparence parfois très classique se cache une mécanique électronique étonnante : un quartz contrôle la précision, tandis qu'un diapason entraîne toujours les aiguilles. Une solution ingénieuse, mais devenue aujourd'hui particulièrement délicate à entretenir.
À la fin des années 1960, l'industrie horlogère découvre une menace considérable : les montres à quartz deviennent capables de dépasser la précision des mouvements électroniques et mécaniques traditionnels.
Bulova possède alors une spécialité reconnue, les mouvements Accutron à diapason. Plutôt que d'abandonner immédiatement cette technologie, la marque développe un système hybride : l'Accuquartz.
Le calibre 224 conserve une architecture proche de celle de l'Accutron 218, mais introduit un oscillateur à quartz chargé de réguler la fréquence.
La différence est fondamentale. Sur une Accutron Spaceview 214 classique, c'est le diapason qui détermine la marche. Sur l'Accuquartz, le quartz devient la véritable référence de temps.
Cette solution permettait aussi à Bulova de réutiliser une partie de ses connaissances industrielles et de ses procédés de fabrication. Une transition entre deux époques horlogères.
Le calibre 224 utilise un cristal de quartz oscillant à 32 768 Hz. Le circuit électronique divise cette fréquence par 96 pour commander un diapason vibrant à 341,33 Hz.
Pourquoi ce chiffre si particulier ? Parce que cette division permet d'utiliser une fréquence de quartz adaptée aux circuits électroniques disponibles.
Le diapason ne règle donc plus directement la précision. Il sert principalement à transmettre le mouvement aux aiguilles, par l'intermédiaire d'une roue d'indexation à 320 dents.
Résultat : la trotteuse conserve son déplacement presque continu et le mouvement produit toujours son bourdonnement caractéristique.
Bulova annonçait une précision de l'ordre de trois minutes par an, nettement meilleure que celle des Accutron conventionnelles de l'époque. Une performance historique annoncée, pas une garantie pour un exemplaire âgé de cinquante ans.
Le nom Accuquartz 224 désigne une famille de calibres. Avant d'acheter, il faut identifier celui qui équipe réellement la montre.
Les boîtiers et cadrans varient selon les années et les marchés. On rencontre notamment des formes coussin, rectangulaires ou plus conventionnelles, très représentatives des années 1970.
Il serait donc trompeur d'attribuer un diamètre ou une étanchéité unique à toutes les Accuquartz 224.
Cette diversité rappelle celle des Accutron Legacy 261 TV Watch, mais avec une différence importante : l'Accuquartz 224 est une montre électronique historique, pas une réédition automatique moderne.
Une Accuquartz en panne n'est pas comparable à une montre à quartz ordinaire.
Son électronique associe cristal, circuit intégré, bobines et diapason. Le mouvement demande également des réglages spécifiques pour maintenir une consommation électrique correcte.
Une pile neuve ne suffit donc pas toujours à remettre la montre en fonctionnement. Un défaut de circuit, une bobine coupée ou un mécanisme d'indexation défectueux peuvent nécessiter des composants difficiles à trouver.
Le bulletin technique Bulova souligne notamment l'importance du contrôle de la fréquence, de la consommation et du réglage du diapason.
Avant d'acheter, je demanderais une photographie nette du calibre, une preuve de fonctionnement et les coordonnées de l'horloger ayant effectué la dernière intervention.
Pour mesurer l'évolution de ces mouvements, notre avis sur l'Astronaut Mark II et son calibre 2185 présente une génération précédente de diapasons électroniques.
Son principal argument reste sa singularité technique. Elle représente l'un des derniers efforts de Bulova pour préserver le diapason face à l'arrivée massive du quartz.
Mais attention au prix. Sans ventes récentes comparables, impossible de donner une cote sérieuse. Un exemplaire fonctionnel et révisé ne possède pas la même valeur qu'une montre dont le vendeur ignore l'état électronique.
Pour ceux qui veulent découvrir une technologie Accutron contemporaine sans s'aventurer dans une réparation vintage, la Spaceview 314 équipée du calibre Y230 constitue une alternative moderne, même si son principe de fonctionnement diffère de celui de l'Accuquartz.
Le verdict de L'Heure Passion : l'Accuquartz 224 mérite sa place dans une collection consacrée à l'histoire des montres électroniques. J'apprécie son architecture hybride et cette volonté de faire cohabiter deux technologies concurrentes. Mais son intérêt historique ne doit pas masquer les difficultés d'entretien. Je choisirais une 2242 documentée et parfaitement fonctionnelle, quitte à payer davantage, plutôt qu'un exemplaire mystérieux vendu comme une rareté.