Publié par David Deteve dans Accutron le 18/10/2026 à 14:29
Deux couronnes, une aiguille rouge supplémentaire et un mouvement électronique vibrant à 360 Hz. À la fin des années 1960, l'Accutron Astronaut Mark II proposait une fonction particulièrement utile aux voyageurs : modifier l'affichage de l'heure locale sans dérégler l'heure de référence. Une innovation séduisante, mais qui cache aujourd'hui un vrai problème pour les collectionneurs : l'entretien de son calibre à diapason.
L'Astronaut Mark II apparaît à la fin des années 1960, alors que Bulova cherche à faire évoluer ses mouvements électroniques Accutron. Son boîtier adopte une silhouette coussin, avec un cadran généralement noir ou doré selon les versions.
Mais sa particularité se trouve dans son système de réglage. Grâce à une seconde couronne placée vers 2 heures, le porteur peut modifier l'indication horaire par sauts d'une heure tout en conservant une heure de référence.
Ce système est particulièrement intéressant lors d'un voyage. On adapte l'affichage au nouveau fuseau sans devoir effectuer une remise à l'heure complète.
La différence avec l'Astronaut 214HN historique est importante. Cette dernière dispose d'une aiguille 24 heures associée à une lunette rotative, mais ne propose pas le même système de correction horaire indépendante.
La Mark II ne se contente donc pas de moderniser le dessin de son ancêtre. Elle modifie véritablement son fonctionnement.
Le calibre Accutron 2185 appartient à la famille des mouvements électroniques 218, apparue au milieu des années 1960. Son diapason vibre à 360 Hz, comme celui du célèbre calibre 214.
Mais les différences mécaniques sont réelles. Le 218 utilise notamment une roue d'indexation de 320 dents, contre 300 pour son prédécesseur, avec une architecture électronique et un rouage modifiés.
La Mark II existe aussi sous une autre configuration historique utilisant le calibre 2186, associé à un affichage supplémentaire par guichet. Il faut donc identifier précisément le mouvement avant de comparer deux exemplaires présentés sous le même nom.
Pour comprendre l'origine de cette technologie, notre analyse de l'Accutron Spaceview 214 revient sur le fonctionnement du premier grand mouvement électronique de la marque.
Le principal risque d'une Astronaut Mark II ne concerne pas son esthétique. Il concerne son état technique.
Les mouvements Accutron de cette époque étaient conçus autour de caractéristiques électriques différentes de celles de nombreuses piles actuelles. Une alimentation inadaptée ou une intervention mal réalisée peut provoquer des problèmes de fonctionnement.
Il faut également contrôler les bobines, les contacts électriques, les composants du mécanisme d'indexation et surtout le dispositif de correction des fuseaux horaires.
Une Mark II dont les aiguilles avancent correctement mais dont la seconde couronne fonctionne mal perd une partie essentielle de son intérêt.
Attention aussi aux montres composées de pièces provenant de plusieurs exemplaires. Un cadran remplacé, un mouvement différent ou une couronne incorrecte ne signifient pas automatiquement que la montre est inutilisable, mais ces éléments influencent sa valeur historique.
Je privilégierais donc un vendeur capable de fournir des photographies du mouvement, des informations sur les réparations et une démonstration du fonctionnement des deux couronnes.
L'Accutron Astronaut GMT moderne propose une expérience plus accessible pour un usage régulier. Son mouvement automatique, son verre saphir et son étanchéité annoncée rendent l'ensemble plus adapté aux exigences actuelles.
La version Astronaut LTi en titane pousse davantage la recherche de confort et de matériaux contemporains.
Mais aucune des deux ne reproduit l'expérience du diapason historique. Pour retrouver cette technologie dans une montre récente, il faut plutôt regarder la Spaceview 314 équipée du calibre Y230.
Concernant le prix de l'Astronaut Mark II ancienne, impossible d'annoncer une cote sérieuse sans examiner les transactions récentes et la configuration exacte. Une montre restaurée avec des pièces cohérentes ne se compare pas directement à un exemplaire non fonctionnel.
Le verdict de L'Heure Passion : l'Astronaut Mark II possède un intérêt technique exceptionnel pour une montre de la fin des années 1960. Son réglage horaire indépendant, son mouvement à diapason et son esthétique rétro en font une véritable pièce de collection. Je choisirais un exemplaire à calibre 2185 documenté, en bon état de fonctionnement, plutôt qu'une montre moins chère dont l'authenticité reste incertaine. Ici, le bon achat dépend davantage de l'état du mouvement que de l'éclat du boîtier.