Publié par David Deteve dans A. Lange & Söhne le 17/10/2026 à 12:44
Seulement 1,4 mm. C'est l'épaisseur du module qui gère son calendrier. La A. Lange & Söhne 1815 Quantième Annuel affiche la date, le jour, le mois et les phases de lune avec un mouvement entièrement manuel. Une construction impressionnante pour une montre de 40 mm. Pourtant, elle conserve une limite étonnante : février oblige encore son propriétaire à intervenir une fois par an.
Présentée en janvier 2017, la 1815 Quantième Annuel reprend une complication déjà proposée par la manufacture sur la Saxonia Quantième Annuel de 2010.
Mais les deux montres suivent des philosophies différentes.
La Saxonia Quantième Annuel possède un remontage automatique et une grande date à guichets. La 1815 choisit un mouvement manuel et un calendrier entièrement indiqué par des aiguilles.
À 9 heures, un premier compteur rassemble le jour de la semaine et la date. À 3 heures, un second affiche les douze mois.
À 6 heures, la petite seconde partage son compteur avec les phases de lune.
Les chiffres arabes, la minuterie chemin de fer et les aiguilles bleuies évoquent directement les anciennes montres de poche allemandes.
Personnellement, je trouve cette présentation très réussie. La date à aiguille occupe moins de place visuellement qu'un grand guichet et renforce l'équilibre du cadran.
Pour une approche plus dépouillée de cette famille, notre avis sur la 1815 classique permet de comparer les deux styles.
Le mécanisme reconnaît automatiquement les mois de 30 et 31 jours.
En revanche, il considère février comme un mois de 30 jours. Une correction reste donc nécessaire chaque année lors du passage au 1er mars.
La commande à 2 heures permet d'avancer simultanément les indications calendaires. Quatre correcteurs encastrés autorisent aussi des réglages individuels, dont celui de la date.
C'est pratique après un arrêt prolongé, car le calendrier n'a pas besoin d'être entièrement réglé indication par indication.
La phase lunaire atteint une précision théorique remarquable : un seul jour de décalage après 122,6 années de fonctionnement continu.
Le véritable exploit reste toutefois l'épaisseur du module calendaire, limitée à 1,4 mm.
Le calibre manuel L051.3 compte 345 composants et offre 72 heures de réserve de marche, malgré cette mécanique supplémentaire.
Il fonctionne à 21 600 alternances par heure. Au dos, la platine trois-quarts en maillechort laisse apparaître les roues de remontage décorées de côtes circulaires, les chatons en or vissés et le coq de balancier gravé à la main.
Face à la Langematik Perpétuelle, qui reconnaît également les années bissextiles, cette 1815 privilégie une mécanique plus simple et une autonomie supérieure.
La collection comprend deux références principales.
La 238.026 E en or gris possède un cadran argenté en argent massif, des aiguilles en acier bleui et un bracelet en alligator noir.
La 238.032 E en or rose reprend le même cadran, avec un boîtier et des éléments dorés qui donnent davantage de chaleur à l'ensemble.
Les deux mesurent 40 mm de diamètre pour 10,1 mm d'épaisseur. Leur étanchéité est limitée à 3 bar.
Sur le marché secondaire, les annonces observées pour ces références se situent à plusieurs dizaines de milliers d'euros, avec des écarts importants selon l'état, les accessoires et l'origine. Mieux vaut vérifier le tarif actuel et l'historique d'entretien avant tout achat.
J'aurais personnellement aimé un boîtier de 38 mm environ. L'esthétique traditionnelle de la 1815 se prête bien, à mon sens, à des dimensions plus contenues.
La 1815 Up/Down offre justement une autre possibilité pour ceux qui préfèrent une complication plus simple.
Mon verdict : la 1815 Quantième Annuel possède un équilibre rare entre mécanique utile et esthétique traditionnelle. Je préfère son affichage analogique à la grande date Saxonia. Mais son prix, ses dimensions et la discipline du remontage manuel en font une montre pour passionné averti, pas nécessairement la plus pratique au quotidien.
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