Publié par David Deteve dans Actualités le 29/09/2026 à 19:04
Elles ne passent clairement pas inaperçues.
Après leur lancement au Japon, les nouvelles Seiko Presage Japanese Garden HCB007 et HCB008 commencent leur déploiement international. Europe, États-Unis, Australie... Seiko élargit progressivement la disponibilité de ces deux automatiques qui reprennent l'univers très japonais de la collection, mais avec un détail beaucoup plus spectaculaire : une énorme ouverture sur le mouvement.
Et forcément, ça discute déjà chez les passionnés. Certains adorent. D'autres trouvent que Seiko est allé trop loin.
Voilà ce qui rend ce lancement beaucoup plus intéressant qu'une simple nouvelle déclinaison de la famille Seiko Presage.
Habituellement, la collection Japanese Garden joue plutôt la carte du raffinement. Textures inspirées du sable ratissé, cadrans travaillés, chiffres romains, ambiance zen. Ici, Seiko garde cet ADN mais casse franchement la tranquillité du paysage.
Une partie importante du cadran disparaît pour révéler le calibre automatique 4R71, son balancier, ses ponts et plusieurs éléments mécaniques.
La HCB007 pousse le contraste encore plus loin avec son cadran vert profond, son boîtier couleur or rose et son bracelet cuir brun. La HCB008 se calme un peu : cadran noir, boîtier acier et touches dorées. Même recette, deux ambiances complètement différentes.
Sur les forums, c'est justement cette ouverture qui divise.
Un utilisateur Reddit explique que les montres open-heart accessibles l'ont souvent déçu une fois en main, principalement parce que la finition du mouvement exposé n'était pas assez spectaculaire. Un autre apprécie le cadran mais trouve l'ouverture beaucoup trop grande. À l'opposé, un passionné affirme justement attendre depuis longtemps une Seiko avec une découpe plus généreuse que celle de certaines anciennes Presage.
Bref. Seiko a réussi quelque chose : provoquer une réaction.
Et dans une gamme où le cadran constitue souvent la première raison d'achat, comme on le constate aussi avec la Seiko Presage Cocktail Time, ce n'est pas anodin.
C'est probablement le point qui va faire le plus parler.
Sur plusieurs marchés européens officiels, la Seiko HCB007 est affichée à 730 €, contre 650 € pour la HCB008.
Or mécaniquement, rien ne change.
Les deux utilisent le calibre automatique Seiko 4R71 à remontage manuel et stop-seconde, avec environ 41 heures de réserve de marche. Même boîtier de 41,8 mm, même longueur de 48,3 mm, même épaisseur de 12 mm et même verre saphir double courbure.
Le supplément de la HCB007 vient donc essentiellement de son exécution vert et or rose.
Ça pique un peu.
D'autant que le 4R71 reste un calibre relativement simple. Seiko annonce une plage de précision pouvant aller de +45 à -35 secondes par jour. Ce n'est pas choquant pour cette famille mécanique, mais à plus de 700 €, certains regarderont forcément ce que proposent d'autres marques. Notre comparatif Seiko face à Tissot montre justement à quel point les deux philosophies commencent à se croiser dans cette zone tarifaire.
Il se trouve ailleurs : l'étanchéité.
Seiko classe ces deux Japanese Garden comme résistantes aux projections d'eau, soit environ 3 bar selon les marchés. Pour une montre habillée, rien d'anormal. Mais cela reste très éloigné d'une montre qu'on enfile sans réfléchir pour partir en week-end, se baigner ou passer une journée dehors.
À côté, une Seiko Alpinist joue évidemment dans un tout autre registre, avec une conception beaucoup plus tournée vers l'usage quotidien et l'extérieur.
Les HCB007 et HCB008 assument donc leur rôle : elles sont là pour être regardées.
Pas pour plonger.
Et c'est finalement ce que je retiens de ces deux montres.
On peut critiquer la grosse ouverture, le 4R71 assez modeste ou les 80 € supplémentaires demandés pour la HCB007. Franchement, tout se défend.
Mais regardez les deux montres.
Impossible de les confondre avec une automatique générique sortie d'un catalogue. Le cadran texturé, les chiffres romains, les aiguilles feuille et surtout cette mécanique qui déborde littéralement dans le décor donnent une vraie personnalité à l'ensemble.
C'est précisément ce qui fait souvent la force de Seiko. La marque peut produire une plongeuse massive, une Alpinist très identifiable puis une Presage presque théâtrale sans perdre complètement son identité. Pour mesurer l'étendue de cette gamme, notre sélection des meilleures montres Seiko montre à quel point les propositions peuvent être différentes.
Et oui, derrière cette image très japonaise se cache aussi une organisation industrielle beaucoup plus complexe qu'on pourrait le croire. Nous l'avons détaillée dans notre dossier consacré à la fabrication des montres Seiko.
La HCB008 me paraît visuellement plus facile à porter. La HCB007, elle, prend davantage de risques. Vert profond, or rose, grande ouverture mécanique... il faut assumer.
Mais entre une montre parfaitement sage qu'on oublie en trois minutes et une montre qui provoque déjà des débats avant même d'être largement disponible, je comprends parfaitement ce que Seiko a cherché à faire.
Et vous, cette énorme ouverture mécanique vous attire... ou elle gâche complètement le cadran ?