Publié par David Deteve dans Actualités le 15/09/2026 à 08:04
La montre brillait trop.
Une femme de 32 ans est accusée d’avoir drogué un homme rencontré dans un établissement de Floride avant de lui voler une Rolex en or couverte de diamants. La pièce avait été expertisée à 98 400 dollars, soit environ 83 000 euros. Et l’affaire ne serait pas isolée.
Selon la police, la suspecte apparaît dans quatre autres dossiers présentant des ressemblances troublantes. Des rencontres dans des bars ou des clubs, une fatigue soudaine, puis des montres et objets de valeur qui disparaissent. Bref, le scénario typique du bad date theft, un mode opératoire déjà bien connu à Miami.
Les faits examinés par la police remontent au 12 avril 2026. La victime aurait rencontré Lynda Mae Crouse au Carousel Club, dans le complexe de Gulfstream Park à Hallandale Beach. Après avoir échangé leurs comptes Instagram, l’homme lui aurait commandé un véhicule pour la faire venir chez lui.
Quelques verres plus tard, il commence à se sentir anormalement fatigué et désorienté. Il affirme pourtant ne pas avoir consommé suffisamment d’alcool pour perdre connaissance. La femme quitte alors les lieux. À son réveil, plusieurs heures plus tard, il se précipite vers l’écrin où il conservait sa montre.
La Rolex avait disparu.
La description contenue dans le rapport de police est particulièrement précise : une montre en or jaune de 40 mm, équipée d’un bracelet President, de dix index en diamants taille baguette et d’une lunette entièrement recouverte de diamants ronds.
Tout pointe vers une Rolex Day-Date 40, probablement la référence 228348RBR. Ce modèle reçoit une lunette sertie de 48 diamants taille brillant et un cadran doté de dix index baguette. Le bracelet President, avec ses maillons semi-circulaires, constitue l’une des signatures visuelles les plus reconnaissables de la collection.
Discrète ? Absolument pas. Cette Day-Date est précisément le genre de montre que l’on repère à plusieurs mètres sous les éclairages d’un bar.
Le propriétaire disposait d’une expertise signée évaluant sa montre à 98 400 dollars. Le rapport de police mentionne cependant un prix de vente de 74 350 dollars. Aujourd’hui, Rolex affiche une configuration correspondante autour de 77 850 dollars aux États-Unis.
Pourquoi un tel écart ? La vérité, c’est que nous ne disposons pas encore du document d’expertise complet. Il peut s’agir d’une valeur de remplacement fixée pour l’assurance, d’un cadran particulier ou d’une estimation intégrant les coûts du marché secondaire.
La référence 228348RBR reste également une identification très probable, mais pas totalement confirmée. Aucune photographie détaillée ni aucun numéro de série n’ont été communiqués par les enquêteurs. La couleur exacte du cadran reste inconnue.
Une nuance importante. Le surnom « Rolex Presidential » souvent employé dans la presse américaine désigne généralement la Rolex Day-Date montée sur son bracelet President. Ce n’est pas le nom officiel d’une référence particulière.
Lynda Mae Crouse a été arrêtée vendredi avant d’être remise en liberté sous caution. Elle est poursuivie notamment pour vol qualifié et vol de grande valeur, mais reste présumée innocente tant qu’elle n’a pas été jugée.
Les enquêteurs ne regardent plus seulement cette Rolex. Ils étudient quatre autres dossiers actifs à Aventura, Miami et Miami Beach dans lesquels la même femme aurait ciblé des hommes portant des montres coûteuses dans des bars ou des clubs.
Dans l’une de ces affaires distinctes, une analyse toxicologique aurait révélé la présence de zolpidem. Ce puissant somnifère peut provoquer une sédation rapide, de la confusion et des troubles de la mémoire, surtout lorsqu’il est mélangé avec de l’alcool.
Attention au raccourci : aucun résultat toxicologique n’a été publié pour le propriétaire de la Day-Date. Il dit avoir été drogué. Les symptômes qu’il rapporte semblent compatibles avec cette hypothèse, mais ils ne constituent pas une preuve médicale.
Cette affaire rappelle une réalité assez brutale. Certaines montres ne signalent pas seulement un goût pour l’horlogerie. Elles affichent aussi, instantanément, la présence de plusieurs dizaines de milliers d’euros au poignet.
Une Day-Date en or sertie de diamants cumule tout ce qui attire le regard : métal jaune, lunette brillante, cadran précieux et bracelet immédiatement identifiable. La porter dans un lieu très fréquenté n’est évidemment pas une faute. Mais croire qu’elle passe inaperçue serait franchement naïf.
Le numéro de série devient alors capital. Une montre volée peut réapparaître sur le marché de l’occasion, parfois avec une boîte ou des documents douteux. Avant tout achat, mieux vaut savoir comment reconnaître une fausse Rolex, mais aussi demander une vérification de provenance et contrôler les bases recensant les montres déclarées volées.
Reste maintenant une question : cette Day-Date à 98 400 dollars sera-t-elle retrouvée ? Pour l’instant, les autorités n’ont annoncé ni récupération de la montre ni inculpation dans les quatre autres dossiers. L’enquête continue. Et là, le moindre numéro gravé peut tout changer.
Sources : NBC 6 South Florida, Local 10 et Rolex.