Publié par David Deteve dans Actualités le 15/10/2026 à 20:38
Les Rolex d'occasion continuent de prendre de la valeur. Mais beaucoup moins vite qu'avant. Au troisième trimestre 2026, leurs prix n'ont progressé que de 0,5 %, alors que plusieurs grandes maisons horlogères enregistrent des hausses bien supérieures. Et derrière ce ralentissement, un phénomène pourrait intéresser directement les acheteurs : les montres disponibles à la revente sont de plus en plus nombreuses.
Ces chiffres proviennent du dernier rapport Morgan Stanley, réalisé à partir des données WatchCharts et relayé par WatchPro le 15 octobre 2026. Le marché secondaire des montres de luxe reste orienté à la hausse, avec une progression de 1,2 % sur le trimestre et de 8,3 % sur un an selon ce rapport. Rolex, elle, avance au ralenti.
Le contraste est assez frappant. A. Lange & Söhne affiche une progression trimestrielle de 4,4 %, Vacheron Constantin gagne 3,1 % et Patek Philippe 2,6 %. Cartier poursuit également sa remontée avec 2,4 %.
Rolex ferme la marche de cette sélection avec seulement 0,5 %. C'est même sa plus faible progression trimestrielle depuis sept trimestres.
Variation au 3e trimestre 2026, en %
Source : Morgan Stanley / WatchCharts, données du troisième trimestre 2026 publiées par WatchPro le 15 octobre 2026. Évolution d'indices de prix, et non rendement garanti d'une montre particulière.
Ces résultats ne signifient pas que Rolex perd son prestige. Ils montrent surtout que les acheteurs ne se concentrent plus autant sur les mêmes marques. Les collectionneurs regardent aussi ailleurs, notamment vers des manufactures plus confidentielles.
Et puis il y a l'offre. C'est probablement le chiffre le plus intéressant du rapport.
Sur les six principales marques étudiées, le volume d'annonces disponibles sur le marché secondaire a augmenté de près de 20 % en un an. Attention, cette progression concerne l'ensemble de ces marques, pas uniquement Rolex.
La conséquence est assez logique : lorsque davantage de montres cherchent un acheteur sans augmentation équivalente de la demande, les prix ont plus de mal à grimper.
Pour un particulier, cela peut changer la discussion. Une annonce qui reste longtemps en ligne, plusieurs exemplaires comparables disponibles chez différents vendeurs et des écarts de prix visibles constituent autant d'éléments pour négocier.
Mais toutes les Rolex ne suivent pas exactement la même trajectoire. Dans son bilan de septembre 2026, WatchCharts relève une baisse mensuelle de 0,4 % pour Rolex. La collection Submariner recule de 1 %, tandis que l'Explorer perd 1,7 %.
Ces variations restent des moyennes. Une Rolex Submariner ne se négocie pas nécessairement comme une autre Submariner. La référence, l'année, l'état, la présence des accessoires et la demande réelle font toute la différence.
Même prudence avec les Rolex Daytona et les GMT-Master II particulièrement recherchées. Certaines références continuent de bénéficier d'une forte demande et de prix supérieurs au tarif catalogue.
Je ne parierais pas sur un effondrement. Les chiffres montrent un ralentissement, pas une chute générale des prix. Et personne ne peut garantir ce que coûtera une Daytona ou une Datejust dans six mois.
En revanche, je prendrais davantage de temps pour comparer les annonces. Sur une Rolex Datejust ou une Explorer relativement courante, il devient intéressant d'examiner plusieurs offres avant d'accepter le premier prix affiché.
Une précaution reste indispensable : ne pas sacrifier la traçabilité pour économiser quelques centaines d'euros. Notre dossier sur les risques d'une montre d'occasion sans boîte ni papiers explique pourquoi une offre séduisante mérite parfois davantage de vérifications.
Le rapport révèle aussi un écart spectaculaire chez IWC : ses prix sur le marché secondaire se situent en moyenne 41,2 % sous les prix catalogue pour les modèles suivis. Cela ne représente pas une chute trimestrielle de 41,2 %, mais une différence entre le neuf et l'occasion.
Voilà pourquoi acheter une montre uniquement dans l'espoir qu'elle prenne de la valeur reste risqué.
Pour Rolex, le message de ce troisième trimestre est plus nuancé : la marque conserve une forte demande, mais l'abondance de l'offre commence à peser sur la hausse des prix. Les acheteurs pourraient donc retrouver une marge de manœuvre, surtout sur les références les moins convoitées.
Et franchement, pour celui qui souhaite avant tout porter sa Rolex plutôt que spéculer sur sa valeur, c'est peut-être la meilleure nouvelle de ce rapport.
Sources : WatchPro, rapport Morgan Stanley / WatchCharts du 15 octobre 2026 et WatchCharts, bilan du marché publié le 10 octobre 2026.