Publié par David Deteve dans Actualités le 08/10/2026 à 19:24
6 950 € pour mesurer le rythme d'un morceau de musique. Pequignet ose une proposition inattendue avec sa nouvelle Royale Paris Chrono BPM. Cette montre mécanique française transforme son chronographe en instrument capable de mesurer le tempo musical, sans électronique ni application.
Inspirée de la French Touch, le mouvement musical popularisé notamment par Daft Punk, elle associe un cadran bleu électrique à une complication horlogère détournée de son usage habituel.
Prix : 6 950 €. Disponibilité annoncée le 15 octobre 2026. Une création originale qui mérite qu'on regarde de plus près son fonctionnement.
Le principe repose sur une graduation particulière. À la place de l'échelle tachymétrique traditionnelle, Pequignet installe une échelle BPM (Beats Per Minute), autrement dit le nombre de battements par minute.
Vous écoutez un morceau de Daft Punk ? Déclenchez le chronographe, comptez 30 battements musicaux, puis arrêtez l'aiguille. Sa position indique directement le tempo sur l'échelle.
Exemple concret : 30 battements comptés en 15 secondes correspondent à 120 BPM, un rythme très courant dans la musique house.
Cette fonction s'inspire du pulsomètre, historiquement utilisé pour mesurer la fréquence cardiaque. Pequignet remplace simplement les pulsations du cœur par celles de la musique.
Attention, la montre n'écoute pas les morceaux et ne détecte rien automatiquement. Tout est manuel. C'est justement ce détournement mécanique qui fait son charme.
Visuellement, la Royale Paris Chrono BPM ne passe pas inaperçue. Son cadran dégradé mélange bleu électrique et noir profond, avec deux compteurs sombres rappelant l'univers des disques vinyles.
De petits repères graphiques évoquent les indicateurs lumineux des consoles de mixage. Une référence discrète à la culture électronique.
Le boîtier en acier mesure 39,5 mm de diamètre. Verre saphir bombé, étanchéité à 50 mètres et bracelet Cordura noir complètent l'ensemble.
Cette manière de transformer un cadran en véritable décor rappelle la Bell & Ross BR-03 Green Radar Ceramic, dont trois avions miniatures indiquent l'heure comme sur un écran radar militaire.
Sous le cadran fonctionne le Calibre Initial Chronographe, un mouvement automatique qui offre 65 heures de réserve de marche.
Pequignet conserve ainsi une véritable proposition horlogère derrière son inspiration musicale. La complication BPM n'est qu'une nouvelle façon d'exploiter les possibilités du chronographe.
Une démarche intéressante pour l'horlogerie française, où des marques comme Baltic avec son Aquascaphe GMT MK-II cherchent également à affirmer leur identité mécanique.
Soyons clairs : personne n'a besoin d'une montre à près de 7 000 € pour mesurer un tempo. Un smartphone accomplit cette tâche plus facilement.
Mais ce n'est pas vraiment le sujet.
Pequignet vend une mécanique, un design et une histoire. Celle d'une génération marquée par les clubs, les synthétiseurs et la French Touch.
On retrouve cette connexion entre horlogerie et culture populaire dans le retour du chronographe Ebel de Miami Vice, autre montre étroitement associée à une époque.
La Royale Paris Chrono BPM ne révolutionne pas la mesure du temps. Elle lui donne une autre dimension, musicale cette fois. Et pour une manufacture française, sortir des codes habituels avec autant de personnalité mérite qu'on s'y intéresse.