Publié par David Deteve dans Actualités le 08/10/2026 à 09:04
Un morceau d'Apollo 13 au poignet. Une véritable météorite martienne sur le cadran. Et une montre envoyée à plus de 36 kilomètres d'altitude avant sa livraison.
Non, ce n'est pas de la science-fiction. La marque britannique Diatom Watches dévoile Inner Worlds, une collection de cinq montres automatiques inspirées de Mercure, Vénus, la Terre, la Lune et Mars. Chacune contient, selon le fabricant, un matériau lié à l'exploration spatiale ou provenant d'un corps céleste.
Le prix ? 2 950 dollars par montre, avec seulement 450 exemplaires de chaque modèle. Mais derrière ces chiffres, c'est surtout l'histoire des matériaux utilisés qui interpelle.
La plus fascinante est peut-être la Diatom Earth. Son rotor de remontage intègre du Kapton, un matériau isolant thermique provenant, selon Diatom, du module de commande Odyssey de la mission Apollo 13.
Un détail chargé d'histoire. En avril 1970, les trois astronautes d'Apollo 13 avaient survécu à une explosion qui avait compromis leur voyage vers la Lune.
Les quatre autres modèles possèdent chacun leur propre particularité :
Attention à cette distinction : les météorites des versions Moon et Mars sont intégrées aux cadrans, tandis que les matériaux historiques des trois autres modèles se retrouvent dans les rotors.
L'approche diffère donc de celle de l'Omega Speedmaster Moonwatch, célèbre pour avoir accompagné les astronautes lors des missions lunaires. Chez Diatom, c'est la matière elle-même qui raconte l'histoire.
Voilà l'autre promesse spectaculaire.
Avant livraison, Diatom annonce envoyer chaque montre au-delà de 120 000 pieds d'altitude, soit environ 36,6 kilomètres, à bord d'une plateforme équipée de caméras.
Une précision s'impose : cette altitude correspond à la stratosphère, pas à un vol orbital. Les montres ne font donc pas le tour de la Terre comme un satellite.
Le fabricant annonce également des essais en chambre à vide thermique, jusqu'à -60 °C.
Côté horlogerie, les caractéristiques sont sérieuses : boîtier acier de 39,5 mm, verre saphir, étanchéité de 100 mètres et calibre automatique suisse ETA 2892-A2 offrant 42 heures de réserve de marche.
Pour replacer cette mécanique dans l'histoire des montres spatiales, la Bulova Lunar Pilot constitue une autre référence intéressante, avec un héritage lunaire très différent.
Diatom affirme contrôler la provenance de ses matériaux grâce à une chaîne documentaire, des analyses microscopiques et spectroscopiques, puis un certificat d'authenticité. L'acheteur reçoit aussi des images du voyage stratosphérique annoncé pour sa montre.
Reste une question : les documents permettent-ils de retracer précisément chaque fragment jusqu'à sa mission d'origine ? La marque présente sa méthode, mais les éléments consultés ne constituent pas une vérification indépendante de chaque exemplaire. À ce tarif, demander les justificatifs détaillés paraît parfaitement raisonnable.
Car la rareté ne garantit pas la valeur future. Nous avions déjà abordé ce piège avec les montres Swatch revendues à prix d'or.
Face aux Omega les plus convoitées de 2026, Diatom joue une carte radicalement différente : moins de prestige horloger établi, davantage de matière historique et de récit scientifique.
Et franchement, porter une montre contenant une trace matérielle d'Apollo 13, c'est une proposition difficile à oublier. À condition que sa provenance soit aussi solide que son histoire.
Sources : Diatom Watches, collection officielle.