Publié par David Deteve dans Actualités le 16/10/2026 à 07:05
Six jours sans remonter sa montre. Et un balancier qui oscille directement sous les yeux, au milieu du cadran. Christopher Ward vient de lancer sa C1 Loco Classic, une montre mécanique assez étonnante qui emprunte certains codes de la haute horlogerie sans en afficher les tarifs habituels. Son prix démarre à 5 595 €, mais une caractéristique mérite qu'on s'y attarde : ses 14,1 mm d'épaisseur.
Officialisée le 15 octobre 2026, cette nouveauté reprend le calibre spectaculaire de la C12 Loco lancée en 2025. Cette fois, Christopher Ward abandonne le style sportif pour une approche beaucoup plus classique, avec chiffres romains, céramique blanche et boîtier aux lignes arrondies.
Sur la C1 Loco Classic, impossible de manquer le mouvement. Le balancier et l'échappement occupent une grande partie inférieure du cadran. Au-dessus, un petit disque bombé en céramique blanche affiche les heures et les minutes à l'aide de deux aiguilles bleues et de chiffres romains.
Ce contraste fonctionne particulièrement bien. D'un côté, une lecture de l'heure presque traditionnelle. De l'autre, une mécanique en mouvement permanent, maintenue par des ponts aux formes arrondies.
Christopher Ward utilise son calibre manufacture CW-003, développé initialement pour la C12 Loco. Ce mouvement à remontage manuel possède deux barillets et fonctionne à une fréquence de 28 800 alternances par heure.
Sa particularité ? Une réserve de marche de 144 heures, soit exactement six jours.
Attention, ce n'est pas une montre automatique. Aucun rotor ne recharge le mouvement au poignet. Il faut tourner la couronne pour lui transmettre de l'énergie. Mais une fois remontée complètement, elle peut théoriquement fonctionner pendant près d'une semaine sans intervention.
Christopher Ward annonce également une tolérance de marche de -0 à +7 secondes par jour. C'est une valeur particulièrement intéressante pour un mouvement dont une grande partie de la mécanique reste exposée.
La marque a retravaillé les ponts, les angulations et les finitions pour cette nouvelle version. Certains éléments demandent plusieurs heures de travail manuel, notamment autour du balancier.
Cette volonté de rendre la mécanique visible rappelle, dans un registre autrement plus radical, l'Urwerk UR-300 et son affichage mécanique qui se transforme toutes les heures.
C'est probablement le point qui divisera le plus les amateurs.
La C1 Loco Classic mesure 41 mm de diamètre pour 14,1 mm d'épaisseur totale. Sur le papier, c'est imposant pour une montre qui revendique une esthétique habillée.
Mais regardez comment Christopher Ward a construit son boîtier.
La partie métallique ne mesure que 8,55 mm d'épaisseur. Le reste provient principalement des deux verres saphir bombés, particulièrement prononcés sur cette montre.
Le boîtier en acier 904L possède des flancs creusés, des cornes arrondies et une alternance de surfaces polies et brossées. Ces éléments cherchent à alléger visuellement l'ensemble.
Pour autant, les 14,1 mm existent bel et bien une fois la montre au poignet. Sous une chemise ajustée, le verre bombé risque de se faire remarquer. Sans essai réel, difficile de savoir si cette construction sera confortable pour tous les poignets.
Avec ses 48 mm de longueur entre les cornes, elle mérite donc un passage au poignet avant achat.
Christopher Ward propose trois couleurs de cadran : doré, bleu clair et noir. Leur surface finement sablée reçoit un traitement contenant de la poudre de nacre, ce qui crée de légers reflets selon la lumière.
Un travail esthétique très différent de celui de la Christopher Ward The Twelve, dont le boîtier sportif et le bracelet intégré répondent à une autre logique.
La C1 Loco Classic est proposée à 5 595 € sur bracelet cuir et à 5 855 € sur le nouveau bracelet acier Consort à cinq rangs.
Ce dernier bénéficie du système iLink, permettant d'ajuster sa longueur sans outil. L'étanchéité, en revanche, se limite à 30 mètres. Mieux vaut considérer cette montre comme une pièce habillée plutôt que comme une sportive polyvalente.
La C1 Loco Classic a déjà été sélectionnée pour le Grand Prix d'Horlogerie de Genève 2026, dans la catégorie Petite Aiguille. Il s'agit d'une nomination, pas d'un prix remporté.
Les précommandes sont ouvertes et les premières livraisons sont annoncées pour la mi-décembre 2026.
À près de 6 000 €, personne ne parlera de montre bon marché. Mais entre son calibre manufacture, ses deux barillets, son balancier apparent et ses finitions, Christopher Ward propose quelque chose de techniquement ambitieux.
Ce qui me plaît surtout, c'est ce contraste entre une présentation classique et une mécanique presque théâtrale. Oui, les 14,1 mm pourront refroidir certains amateurs de montres fines.
Mais cette épaisseur participe aussi au spectacle. Et pour une fois, ce n'est pas une simple ouverture dans le cadran destinée à donner l'illusion d'une complication.
La mécanique est réellement au centre de la montre.
Sources : Christopher Ward, fiche officielle C1 Loco Classic, Worn & Wound, 15 octobre 2026 et Fratello, essai du 15 octobre 2026.