Publié par David Deteve dans Accutron le 17/10/2026 à 18:09
Des reflets bleus, violets, roses. Un acier aux motifs presque liquides et deux turbines visibles derrière le cadran. L'Accutron DNA Damascus attire immédiatement le regard, mais cache une surprise : son mouvement électrostatique NS30 est déjà utilisé dans la DNA classique. Alors pourquoi payer davantage ? Les références 28A212 et 28A213 misent surtout sur des matériaux plus travaillés et une présentation nettement différente.
La DNA Damascus transforme radicalement l'apparence de la collection. Son boîtier coussin en acier inoxydable 904L reçoit des flancs en acier de Damas, reconnaissables à leurs motifs ondulés. Le résultat tranche avec les surfaces plus industrielles de la DNA originale.
La référence 28A212 adopte un cadran damassé aux nuances bleues, violettes et roses. La 28A213 choisit une présentation plus sombre, avec un cadran en titane damassé mêlant bleu foncé, noir et argent.
Ces motifs deviennent presque l'attraction principale. Et c'est justement là que la Damascus se distingue de notre avis sur l'Accutron DNA classique : cette dernière expose davantage son architecture technique, tandis que les nouvelles versions privilégient le travail des matériaux.
Sous ces cadrans, pourtant, aucune révolution. Le calibre électrostatique NS30 demeure inchangé dans son principe.
Le fonctionnement reste inhabituel. Deux turbines entraînées par les mouvements du poignet génèrent de l'énergie électrostatique, ensuite conservée dans un accumulateur. Celle-ci alimente un moteur électrostatique pour la trotteuse et un moteur pas à pas pour les heures et les minutes.
L'aiguille des secondes glisse presque sans interruption. Après cinq minutes d'immobilité, elle rejoint automatiquement midi pour économiser l'énergie, tandis que les autres aiguilles continuent leur progression.
On retrouve également cette technologie dans la Spaceview 2020 et son cadran largement ouvert. Cette comparaison permet de comprendre une chose : chez Accutron, un même principe mécanique et électronique peut produire des montres aux personnalités radicalement différentes.
La Spaceview Evolution pousse également cette logique avec son architecture visible inclinée de 30 degrés.
Les deux références possèdent un boîtier de 43,5 mm pour 15,91 mm d'épaisseur. Leur résistance à l'eau est annoncée à 50 mètres. Sur le papier, elles deviennent donc légèrement moins larges que les DNA classiques, sans gagner en finesse.
La 28A212 privilégie le contraste. Ses motifs damassés colorés accompagnent un bracelet en caoutchouc nitrile-butadiène fermé par une boucle déployante. Le prix officiel canadien atteint 7 795 dollars canadiens.
La 28A213 joue une autre partition : cadran en titane damassé plus sombre, flancs en acier de Damas et bracelet métallique assorti. Elle est affichée à 8 495 dollars canadiens.
L'écart atteint donc 700 dollars canadiens. Ce supplément rémunère principalement une présentation différente et un bracelet plus élaboré, pas une amélioration annoncée du calibre.
Je choisirais la 28A212. Sur une montre déjà aussi expressive, le caoutchouc apporte une certaine cohérence sportive. Et les couleurs du cadran constituent un vrai argument esthétique.
Le débat est assez simple. La DNA Damascus apporte des matériaux originaux, mais conserve les caractéristiques fondamentales d'une DNA électrostatique : même calibre NS30, même principe de génération d'énergie et une épaisseur toujours importante.
L'entretien mérite également réflexion. Avec un mouvement propriétaire aussi spécifique, mieux vaut vérifier les possibilités de réparation, la disponibilité des pièces et les conditions du service après-vente avant l'achat.
Autre question : faut-il privilégier cette technologie ou l'héritage historique d'Accutron ? La Spaceview 314 et son mouvement à diapason Y230 proposent une approche radicalement différente. Son intérêt repose davantage sur la renaissance d'une invention horlogère emblématique que sur le spectacle des turbines.
On peut même remonter aux origines avec notre analyse de la Spaceview 214 historique, pour mesurer le chemin parcouru par la marque depuis les années 1960.
Le verdict de L'Heure Passion : la DNA Damascus réussit son pari esthétique. Ses surfaces damassées donnent davantage de personnalité à une collection déjà très originale. Mais le supplément tarifaire ne s'accompagne pas d'une évolution du NS30. Je retiens la 28A212 pour ses couleurs et son bracelet en caoutchouc. Un achat de passionné, qui doit être motivé par le design bien plus que par la recherche d'une performance supérieure.